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Transformation complète · Street food · Levallois-Perret

Un comptoir comme un instrument.

Un local étroit devenu adresse de street food : réseaux neufs, cuisine professionnelle, comptoir maçonné habillé de zellige, sols en terrazzo. Un chantier mené en site exigu, entre les voisins et la vitrine, jusqu'à l'ouverture au public.

I

La partition s'écrit sous les bâches.

Un chantier de restaurant se joue serré : quelques semaines, un local en longueur, la rue à deux pas. Chaque corps de métier passe dans l'ordre écrit — réseaux, plâtres, carrelage, lumière — pendant que le comptoir attend sa parure sous les protections. Coordonner, ici, c'est faire tenir plusieurs métiers dans une pièce où l'on se croise à peine.

Le comptoir en cours de chantier, plan protégé, faïence bleu nuit déjà posée au mur, sol terrazzo bâché.
Pendant les travaux
II

L'instrument, avant la première.

Le comptoir fini, zellige bleu nuit posé en chevrons, arche bordeaux en fond, sol terrazzo.
Le zellige bleu nuit se pose en chevrons, arêtes vives, joints tirés au cordeau. La façade du comptoir devient la signature du lieu ; en face, une arche bordeaux lui répond.
Détail de l'arête du comptoir : les carreaux émaillés se rejoignent au cordeau sur l'angle.
L'angle est l'examen du carreleur : deux plans d'émail s'y rejoignent sans tricher. La lumière de la rue glisse dessus et ne trouve rien à redire.
Lave-mains d'angle en chêne massif dans le vestiaire, terrazzo à éclats d'ocre au sol.
Jusque dans le vestiaire : un lave-mains d'angle taillé en chêne, posé sur un terrazzo semé d'éclats d'ocre. Un restaurant se juge aussi là où l'on ne s'attarde pas.
III

La première.

Puis les tables arrivent, les tabourets orange, les verres sur l'étagère verte. Le lieu commence sa vraie vie : des couverts, des voix, la rue qui entre. Le chantier s'efface — c'est à cela qu'on le reconnaît réussi.

La salle ouverte au public : comptoir zellige bleu nuit, étagère verte garnie, tables blanches et tabourets orange.
La salle, ouverte au public
Le comptoir en service, fleurs séchées et vaisselle posées sur le plan blanc.
Le comptoir, en service

La partition de ce chantier

Huit corps de métier, notés.

Le carrelage y tient la voix la plus dense : c'est le zellige du comptoir et le terrazzo des sols, la matière que l'on voit en entrant. La peinture et la cuisine lui répondent, l'électricité court dessous. Un local étroit demande cet ordre-là — chaque métier à son tour, aucun ne se marche dessus.